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Traductions de rock songs + histoire, contexte, vidéos et reprises. Songs translations + covers. All in English/French!

ROCKTRANSLATION.FR

Bob Dylan – A Hard Rain's a-Gonna Fall

N° 583. Un poème aux accents rimbaldiens ! L’enfant, les images saisissantes et parfois apocalyptiques qui y figurent, ainsi que le très jeune âge auquel l’œuvre a été écrite : tout cela rappelle Arthur Rimbaud. Ces images dans la chanson furent perçues comme une critique élusive de la guerre froide, d’autant plus que sa première performance publique eut lieu un mois avant l’annonce par Kennedy de la découverte de missiles soviétiques à Cuba. Pourtant, Dylan n’a cessé de résister à ces lectures réductrices. Dans une interview radio avec Studs Terkel en 1963, il précisa : « Non, ce n’est pas la pluie atomique, c’est juste une pluie battante. Ce ne sont pas les retombées. Je veux dire, c'est une sorte de fin qui doit simplement arriver. »

1*  Traduction en français
2*  Commentaire en français

3*  Comment in English
4*  Original song text
5*  Blondie versions
6*  Reprises / Covers

 


1*  Traduction en français


Bob Dylan - Un fort déluge va nous tomber dessus

Oh, où es-tu allé, mon fils aux yeux azurs ?
Où es-tu allé, mon petit enfant chéri ?
J’ai chu sur la pente de douze montagnes brumeuses
J’ai cheminé et rampé sur six routes tortueuses
J’ai marché au cœur de sept mornes forêts
Je me suis tenu face à douze océans éteints
Parcouru dix mille miles dans la gueule d’un cimetière
Et c'est un fort, un fort, un fort, un fort
Un fort déluge va nous tomber dessus

.
Oh, qu’as-tu vu, mon fils aux yeux azurs ?
Qu’as-tu vu, mon petit enfant chéri ?
J’ai vu un nouveau-né encerclé de loups sauvages
J’ai vu une route de diamants que nul n'arpentait
J’ai vu une branche noire d’où coulait encore le sang
J’ai vu une pièce remplie d’hommes aux marteaux sanglants
J’ai vu une échelle blanche recouverte d'eau
J’ai vu dix mille beaux parleurs aux langues brisées
J’ai vu pistolets et lames acérées tenues par des enfants
Et c'est un fort, un fort, un fort, un fort
Un fort déluge va nous tomber dessus

.
Et qu’as-tu entendu, mon fils aux yeux azurs ?
Qu’as-tu entendu, mon petit enfant chéri ?
J’ai entendu le tonnerre rugir tel un présage
J'ai entendu gronder une vague prête à noyer le monde
J’ai entendu cent batteurs aux mains incandescentes
J’ai entendu dix mille murmures que personne n'écoute
J’ai entendu un mort de faim au milieu des ricanements
J’ai entendu le chant d’un poète mort dans le caniveau
J’ai entendu le cri d'un clown dans une allée
Et c'est un fort, un fort, un fort, un fort
Un fort déluge va nous tomber dessus

.
Oh, qu'as-tu rencontré, mon fils aux yeux azurs ?
Qui as-tu croisé, mon petit enfant chéri ?
J’ai trouvé un jeune enfant près d’un poney mort
J’ai trouvé un homme blanc menant son chien noir
J’ai croisé une jeune femme dont le corps brûlait
J’ai croisé une jeune fille me donnant un arc-en-ciel
J’ai croisé un homme blessé par l’amour
J’en ai croisé un autre blessé par la haine
Et c'est un fort, un fort, un fort, un fort
Un fort déluge va nous tomber dessus

.
Et que feras-tu alors, mon fils aux yeux azurs ?
Que feras-tu alors, mon petit enfant chéri ?
Je vais ressortir avant que la pluie ne commence
J’irai vers les abîmes des plus sombres forêts
Où les gens sont légion qui ont les mains vides
Où les boulettes de poison polluent leurs eaux
Où la maison dans la vallée jouxte la prison humide
Où le visage du bourreau reste toujours bien caché
Où la famine est laide, où les âmes sont oubliées
Où le noir est couleur, où le néant est nombre
Et je le conterai, le dirai, le penserai, et le respirerai 
En ferai écho de la montagne afin que toutes âmes le voient
Et me tiendrai sur l'océan jusqu'à commencer à sombrer
Mais je connaitrai bien ma chanson avant de la chanter
Et c'est un fort, un fort, un fort, un fort
Un fort déluge va nous tomber dessus.

 

2*  Commentaire en français

De mes près de six cents chansons traduites jusqu'à présent, ce texte est le plus magnifique, c'est mon avis. Ce poème a des accents rimbaldiens ! L’enfant, les images saisissantes et parfois apocalyptiques qui y figurent, ainsi que le très jeune âge auquel l’œuvre a été écrite : tout cela rappelle Arthur Rimbaud.

Nous sommes à l’automne 1962, et le monde vacille sur le fil de l’histoire. La crise des missiles de Cuba ve bientôt se passer dans quelques semaines, même si personne ne le sait encore, bien sûr. Dans les salles enfumées de Greenwich Village, un Bob Dylan de vingt et un ans est venu tenter sa chance armé de sa seule guitare, à moitié troubadour, à moitié prophète, assemblant ce qui ne deviendra pas simplement une protest song, mais un texte qui s’apparente presque à une écriture sacrée. Il affirmera plus tard que cela ne parlait pas de retombées nucléaires, mais le contexte inscrit une double signification dans chaque vers, comme si l’apocalypse vibrait déjà sous les planches de l’inconscient américain.

Dans les notes de pochette rédigées par Nat Hentoff, Dylan explique avec une franchise désarmante l’urgence qui l’animait : chacune des lignes aurait pu engendrer sa propre chanson, mais il craignait de ne pas vivre assez longtemps pour les écrire séparément, et rassembla donc tout dans une seule vision démesurée. Cette révélation de mortalité imprègne chaque image, chaque cadence empruntée à l’ancienne ballade « Lord Randall » (connue depuis plus de 300 ans, probablement créé cent ou deux cent ans auparavant, et qui s'est transmis oralement), car dans ce récit écossais d’un fils rentrant chez lui, peut-être empoisonné, peut-être mourant, répondant aux questions inquiètes de sa mère, qui commencent chaque strophe. Dylan fera donc de même en commençant chaque strophe par des questions parentales.

La première performance publique de la chanson de Dylan eut lieu le 22 septembre 1962, à Carnegie Hall, lors d’un bœuf de musique folk organisé par Pete Seeger. L’événement lui-même reflétait un moment charnière pour Dylan : un pied encore dans les jams folk improvisées, l’autre déjà tourné vers les scènes les plus prestigieuses du pays. Lorsque Seeger annonça que chaque artiste serait limité à trois chansons et à dix minutes en tout, Dylan leva la main pour demander ce qu’il devait faire, puisqu’une de ses chansons durait justement dix minutes. Seeger se souvenait plus tard, dans Rolling Stone : « ce type tout maigre lève la main avec un sourire en coin » et expose son problème.

La performance laissa les témoins médusés, plongés dans un silence profond. Dave Van Ronk, figure incontournable de Greenwich Village et contemporain de Dylan, se rappelait avoir entendu « Hard Rain » pour la première fois à Gerde’s Folk City avec un choc viscéral : il dut quitter le club aussitôt, incapable de parler à Dylan ou à quiconque, bouleversé et fasciné, conscient que la chanson l’exaltait, tout en lui révélant qu’elle marquait le début d’une révolution artistique.

La structure se déploie donc comme un dialogue entre un parent anxieux et un voyageur qui revient. Le fils aux yeux bleus a traversé un paysage situé quelque part entre la géographie et le cauchemar. Douze montagnes brumeuses évoquant des pèlerinages avortés, six routes tortueuses serpentant à travers des entreprises humaines corrompues, sept forêts tristes saturées de chagrin. Son témoignage arrive par fragments : un nouveau-né entouré de loups, une autoroute de diamants abandonnée dans son propre éclat, une branche noire saignant comme si la nature elle-même avait été blessée, des enfants armés de fusils qui leur volent leur innocence avant même qu’ils puissent la revendiquer.

Le catalogue des horreurs se poursuit à travers les sons autant que les visions. Il dit avoir entendu une vague capable d’engloutir le monde, dix mille personnes qui chuchotent sans qu’aucune n’écoute, un poète chantant sa dernière chanson dans un caniveau, un clown pleurant seul dans une ruelle. Ces visions auditives composent ce que l’on pourrait appeler un système météorologique moral, un bulletin de tempête transmis depuis la lisière même du temps.
 

L’imagerie apocalyptique de la chanson entraîna d’emblée une interprétation comme commentaire sur la guerre froide, d’autant plus que sa première exécution eut lieu un mois avant l’annonce par Kennedy de la découverte de missiles soviétiques à Cuba. Pourtant, Dylan n’a cessé de résister à ces interprétations réductrices. Dans une interview radio avec Studs Terkel en 1963, il précisa : « Non, ce n’est pas la pluie atomique, c’est juste une pluie battante. Ce ne sont pas les retombées. Je veux dire, c'est une sorte de fin qui doit simplement arriver. »

Il alla plus loin encore en révélant la véritable cible de la chanson : « Dans le dernier couplet, quand je dis “les boulettes de poison inondent les eaux”, cela signifie tous les mensonges qu’on raconte aux gens à la radio et dans les journaux. » La pluie, dès lors, ne tombe pas des nuages en forme de champignon, mais de l’accumulation de mensonges, de cupidité, de violence et de l’érosion systématique de la vérité. Un autre type de retombée, plus lente peut-être, mais tout aussi dévastatrice. On constate bien ici que la chanson est intemporelle, les mensonges rampants et pervasifs nappant, noyant maintenant toutes les strates de la diffusion d'informations.

Ce qui élève « Hard Rain » au-dessus d’un simple inventaire du désespoir, c’est son dernier mouvement. À la question de savoir ce qu’il fera désormais, après avoir vu une telle désolation, le fils aux yeux bleus refuse la retraite ou la paralysie. Il promet au contraire de repartir, de ressortir avant que la pluie ne commence, de redescendre dans la forêt la plus noire non pour se cacher, mais pour parler. Il dira, pensera, respirera ce qu’il a vu, il le renverra du sommet de la montagne pour que toutes les âmes puissent le voir. Et surtout, de façon décisive, il promet de connaître sa chanson parfaitement avant de commencer à la chanter.
 

Cette promesse finale transforme l’ensemble de la pièce : elle passe de la lamentation au témoignage, de la prophétie à la responsabilité. Dylan lui-même avouera plus tard qu’il doutait de pouvoir jamais écrire quelque chose de similaire, comme s’il avait un instant canalisé quelque chose de plus vaste que sa propre conscience, puisé dans un courant qui n’avait traversé son esprit qu’une seule fois. Il ne la pas dit, mais peut-être était-ce aussi comme s'il avait eu le pressentiment d'avoir écrit son chef d'oeuvre à vingt-et-un ans.

Dylan écrivit la chanson au cours d’une période remarquablement productive en 1962, année durant laquelle il composa près de quarante morceaux. L’enregistrement destiné à The Freewheelin’ Bob Dylan fut capturé en une seule prise, le 6 décembre 1962, dans le Studio A de Columbia, une interprétation pleine de force et de détermination qui demeure la version définitive.

Avec le recul des décennies, « Hard Rain » apparaît moins comme une prophétie que comme un miroir tendu à chaque époque qui lui succède. La chanson a saisi quelque chose d’essentiel de l’épuisement culturel et de l’éveil des consciences, sans jamais se laisser enfermer dans un événement ou une crise précise. Des artistes comme Patti Smith, Nick Cave ou PJ Harvey ont affirmé qu’elle leur avait montré comment les mots pouvaient blesser comme la vérité, s’étirer comme l’Écriture, hurler comme la conscience.
 

 

Dylan remarqua un jour que la chanson lui semblait encore avoir été écrite la veille. Peut-être parce que la pluie qui tombe dans ce texte ne cesse jamais vraiment de tomber. C’est la pluie d’eaux empoisonnées et de villes épuisées, d’océans morts et de poètes oubliés, de joies abandonnées et de tout le débris humain qui s’accumule lorsque personne n’écoute. Et pourtant, à travers les décennies, la voix revient de son terrible voyage, non pas résigné, mais déterminé, affirmant que quelqu’un doit parler, quelqu’un doit refléter, quelqu’un doit chanter. Avant que la tempête ne réduise tout au silence.

3*  Comment in English

It is autumn 1962, and the world is on the knife-edge of history. The Cuban Missile Crisis looms just weeks away, though no one knows it yet. In the smoke-thick rooms of Greenwich Village, a twenty-one-year-old who was eighteen months prior a complete unknown, a.k.a. Bob Dylan, sits with his guitar, half troubadour, half prophet, assembling what would become not merely a protest song but something closer to scripture, no less than one of the twentieth century's milestones song text. He would later insist it wasn't about nuclear fallout yet the timing branded a double meaning into every verse, as if the apocalypse were already humming beneath the floorboards of American consciousness.

The child, the stunning and sometimes apocalyptic images in it, the very young age at which it was written. All the above is very reminiscent of the French poet Arthur Rimbaud.

In the album notes written by Nat Hentoff, Dylan explained his urgency with startling frankness: each line could have birthed its own song, but he feared he wouldn't survive long enough to write them all separately, so he compressed everything into one sprawling vision. This revelation of mortality seeps into every image, every borrowed cadence from the ancient ballad "Lord Randall," that Scottish tale of a son returning home, perhaps poisoned, perhaps dying, answering his mother's worried questions.

The song's first public performance came on September 22, 1962, at Carnegie Hall, during a folk music do organized by Pete Seeger. The event itself captured Dylan's transitional moment : one foot still in the informal folk jam sessions, the other stepping toward the most prestigious stages in America. When Seeger announced that performers would be limited to three songs, with no more than ten minutes total, Dylan raised his hand and asked what he should do since one of his songs took ten minutes. Seeger later recalled to Rolling Stone: "this skinny guy raises his hand with a wry smile" and explained his predicament. What a song, indeed.

The performance left witnesses stunned into silence. Dave Van Ronk, a Greenwich Village fixture and Dylan's contemporary, remembered hearing "Hard Rain" for the first time at Gerde's Folk City with visceral impact: he had to leave the club afterward, unable to speak to Dylan or anyone else, confused and fascinated because the song excited him while making him acutely aware it represented the beginning of an artistic revolution.

What the blue-eyed son has seen. The structure unfolds as a dialogue between anxious parent and returning traveler. The blue-eyed son has journeyed through a landscape that exists somewhere between geography and nightmare. Twelve misty mountains suggesting failed pilgrimages, six crooked highways winding through corrupted human endeavor, seven sad forests heavy with sorrow. His testimony arrives in fragments: a newborn baby surrounded by wolves, a diamond highway abandoned in its own brilliance, a black branch bleeding as though nature itself had been wounded, children armed with guns that steal their innocence before they can claim it.

The catalog of horrors continues through sound as well as sight. He reports hearing a wave that could drown the world, ten thousand people whispering with no one listening, a poet singing his final song in a gutter, a clown weeping alone in an alley. These auditory visions create what might be called a moral weather system, a storm report transmitted from the edge of time itself.

The song's apocalyptic imagery invited immediate interpretation as Cold War commentary, particularly given its premiere one month before Kennedy would announce the discovery of Soviet missiles in Cuba. Yet Dylan consistently resisted such reductive readings. In a 1963 radio interview with Studs Terkel, he clarified: "No, it's not atomic rain, it's just a hard rain. It isn't the fallout rain. I mean some sort of end that's just gotta happen".
 

He went further, explaining the song's true target: "In the last verse, when I say, 'the pellets of poison are flooding the waters', that means all the lies that people get told on their radios and in their newspapers". The rain, then, falls not from mushroom clouds but from the accumulated weight of falsehood, greed, violence, and the systematic erosion of truth. A different kind of fallout, slower perhaps, but no less devastating.

What elevates "Hard Rain" beyond mere catalog of despair is its final movement. Asked what he will do now, having witnessed such desolation, the blue-eyed son refuses retreat or paralysis. He vows to return, to walk back out before the rain begins, to descend into the darkest forest not to hide but to speak. He will tell it and think it and breathe it, will reflect it from the mountain so all souls might see. And crucially, decisively, he promises to know his song well before he starts singing.

This closing vow transforms the entire piece from lament to testimony, from prophecy to responsibility. Dylan himself would later admit he doubted he could ever write anything like it again, as though he had briefly channeled something larger than his own consciousness, tapping into a current that surged through him only once.

Dylan wrote the song during a remarkably productive period in 1962, when he penned nearly forty songs in a single year. The recording for The Freewheelin' Bob Dylan was captured in one take at Columbia's Studio A on December 6, 1962, in a performance full of strength and insistence that remains definitive.

From the distance of decades, "Hard Rain" appears less like prophecy and more like a mirror held up to every subsequent moment. It captured something essential about cultural exhaustion and awakening conscience, yet never chained itself to any single event or crisis. Artists from Patti Smith to Nick Cave to PJ Harvey have cited it as the song that demonstrated how words could wound like truth, stretch like scripture, howl like conscience.

Dylan himself once remarked that the song still felt as though it had been written yesterday. Perhaps that's because the rain in the song never stops falling. It remains the rain of poisoned waters and exhausted cities, of dead oceans and forgotten poets, of abandoned joys and all the human debris that accumulates when no one listens. And still, across the decades, the voice returns from its terrible journey not in despair but in fierce determination, insisting that someone must speak, someone must reflect, someone must sing. Before the storm makes silence of everything.

 

4*  Original song text

Bob Dylan – A Hard Rain's a-Gonna Fall

Oh, where have you been, my blue-eyed son?
And where have you been, my darling young one?
I've stumbled on the side of twelve misty mountains
I've walked and I've crawled on six crooked highways
I've stepped in the middle of seven sad forests
I've been out in front of a dozen dead oceans
I've been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall

.
Oh, what did you see, my blue-eyed son?
And what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin'
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin'
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall

.
And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, that roared out a warnin'
I heard the roar of a wave that could drown the whole world
I heard one hundred drummers whose hands were a-blazin'
I heard ten thousand whisperin' and nobody listenin'
I heard one person starve, I heard many people laughin'
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall

.
Oh, what did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded in hatred
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall

.
And what'll you do now, my blue-eyed son?
And what'll you do now, my darling young one?
I'm a-goin' back out 'fore the rain starts a-fallin'
I'll walk to the depths of the deepest dark forest
Where the people are many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
And the executioner's face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I'll tell and speak it and think it and breathe it
And reflect from the mountain so all souls can see it
And I'll stand on the ocean until I start sinkin'
But I'll know my song well before I start singin'
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall.

5*  Bob Dylan versions
 

6*  Reprises / Covers

1963 Peter Seeger

1965 Joan Baez

1973 Brian Ferry

2011 Jimmy Cliff

2024 Timothy Chalamet

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