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Articles avec traductions de chansons rock avec histoire, analyse, vidéos, reprises. All songs + articles in English + Fr.

ROCKTRANSLATION.FR

Frank Zappa - Trouble Every Day


Trouble Every Day est un titre du premier album de Frank Zappa And The Mothers of Invention en 1966.

Nous en France on apprécie la richesse musicale de Zappa, mais on passe complètement à coté de sa dimension intellectuelle, dénonciatrice, corrosive et politique. Bref, on n'en apprécie pas la moitié. Or c'est un élément seentiel de sa musique.

Plus bas, photos que je viens de faire de mon album vynile de Freak Out...


Zappa était un homme de mots tout autant que de notes, voilà une oeuvre de David Hollier qui l'illustre :

(http://www.davidhollier.org/zappa/)


1966, Californie : on est au encore dans les trente glorieuses, la Californie a amorcé le mouvement hippie et contestataire anti-Vietnam. C'est dans ce contexte que ce texte à la fois vitriolique et désabusé, humoristique et dénonciateur, aborde plusieurs thèmes.

L'un, cher à Zappa, est la manipulation télévisuelle des masses, qu'il évoquera encore quelques années plus tard dans I'm The Slime, dont vous trouverez la traduction en cliquant sur ce lien :

http://rocktraductions.over-blog.com/2017/09/frank-zappa-i-m-the-slime.html

L'autre est le racisme et la violence entre les communautés noire et blanche.

Le dos de la pochette de ce double album (pas trouvé de photo, donc j'ai pris en photo mon exemplaire vinyle de cet album)


Et aussi la difficulté de changer de statut social, de "progresser". On est au Etats-Unis, au pays des opportunités. En 1966, un éclairage sur cette belle société :


 

Frank Zappa - C'est Chaque Jour Le Bordel
 

Je suis au bord de la nausée
A regarder ma télé
J'ai voulu voir les news
Jusqu'à ce que mes orbites ne voient plus
Ce que je veux dire c'est que chaque jour
On a juste un autre bordel pourri
Quand, au juste, ça changera, mon pote
Personne ne le sait

Alors je regarde et j'attends
A espérer que ça aille mieux
J'ai même pensé à aller prier
Chaque fois que je les entends dire
"On ne peut arriver à empêcher
Qu'il y ait du bordel tous les jours
On ne peut arriver à empêcher
Qu'il y ait du bordel tous les jours"

Mercredi j'ai regardé les émeutes
Vu les flics arpenter les rues
Les ai vu jeter des pavés et des trucs
A étouffer dans cette chaleur
J'ai écouté les news à la radio
A propos du whisky qui tournait
J'ai vu la fumée et le feu
Et le marché entièrement brûlé
J'ai observé quand chacun
Dans sa rue s'est mis à
Piétiner, à briser, castagner et écraser
Et à taillader, cogner et brûler

Alors je regarde et j'attends là
A espérer que ça aille mieux
J'ai même pensé à aller prier
Chaque fois que je les entends dire
"On ne peut arriver à empêcher
Qu'il y ait du bordel tous les jours
On ne peut arriver à empêcher
Qu'il y ait du bordel tous les jours"

Eh bien, tu peux te calmer
Tu peux t'énerver
Car, baby, j'en veux pas
Prends ta télé et carre-la toi
Et toutes ces conneries sur les sports
Et tous les news non-confirmées
Tu sais j'ai regardé cette télé pourrie
Jusqu'à en avoir mal à la tête
A regarder la façon dont le reporter
Dit qu'ils ont réussi à avoir la merde
Avant les mecs des chaines d'en face

Et qui plus est ils affirment
Qu'ils interrompront toute émission
Pour t'apporter ces news si elles arrivent
Ils disent que si tout se met à péter
Ils seront les premiers à le dire
Car leurs correspondants en ville
Travaillent dur et font un job d'enfer
Et si quelqu'un chope les nouvelles
Avant que les autres le sachent
Ils disent les divulguer le plus vite
On ne peut pas battre leur couverture media

Et si une femme au volant
Est tuée là par une arme automatique
Ils enverront un couillon avec un éclaireur
Et tu le verras sous toutes les coûtures

Alors je regarde et j'attends là
A espérer que ça aille mieux
J'ai même pensé à aller prier
Chaque fois que je les entends dire
"On ne peut arriver à empêcher
Qu'il y ait du bordel tous les jours
On ne peut arriver à empêcher
Qu'il y ait du bordel tous les jours"

Eh, vous savez quoi les mecs ?
Je ne suis pas un black
Mais la plupart du temps
J'aimerais pouvoir dire que je ne suis pas blanc

J'ai vu les feux brûler
Et les habitants s'en prendre
Aux marchands et à leurs magasins
Qui leur vendent leurs balais et brosses
Et chacun des habitants d'un foyer
Voit la foule arriver et s'en prendre à eux
Et ils disent c'est bien leur faute
Car quelques uns sont blancs
Et c'est comme ça dans tout le pays
La dicrimination entre Blacks et Blancs
Gueulant "Vous ne comprenez pas"
Et toute cette excitation qu'ils me transmettent
Dans les journaux et par la télé
Toute cette stupidité de masse
Qui semble enfler chaque jour
Chaque fois qu'on entend un connard parler
Il veut y aller et venir te tuer
A cause de la couleur de ta peau
N'essaye pas de le raisonner
(Peut importe qu'il soit black ou blanc)
Car il avait juste envie de sang ce soir

Tu sais qu'on doit rester assis à la maison
A regarder ce truc commencer
Mais je parie qu'on sera moins nombreux
Pour en voir vraiment la fin en live
Car les flammes dans la rue
Ne sont pas les mêmes que celles du coeur
Et dans les yeux de tous ces gens
Ne vois-tu pas que ça peut péter
Dans chaque rue dans chaque ville
Dans chaque état si nimporte quel clown
Décide qu'il faut en découdre maintenant
Pour un idéal qu'il croit juste
Et si un million de gens sont d'accord
Il n'existe pas de Grande Société
Et ça vaut pour moi comme pour toi
Notre pays n'est pas libre
Et la loi se refuse à voir
Que tout ce tu peux jamais devenir
C'est d'être qu'un concierge pourrave
A moins que ton oncle n'ait un magasin
Tu sais que cinq fois sur quatre
On n'arrivera pas à rien de plus
Je vais aller voir rats ramper au sol
Et faire des chansons sur la misère.

Fais péter l'harmonica, fils !

 



 

                  MES AUTRES TRADUCTIONS DE ZAPPA DANS CE BLOG


 


 


L'homme de la Columbia a dû réviser sa position...

 

Frank Zappa - Trouble Every Day

Well I'm about to get sick
From watchin' my TV
Been checkin' out the news
Until my eyeballs fail to see
I mean to say that every day
Is just another rotten mess
And when it's gonna change, my friend
Is anybody's guess

So I'm watchin' and I'm waitin'
Hopin' for the best
Even think I'll go to prayin'
Every time I hear 'em sayin'
That there's no way to delay
That trouble comin' every day
No way to delay
That trouble comin' every day

Wednesday I watched the riot . . .
Seen the cops out on the street
Watched 'em throwin' rocks and stuff
And chokin' in the heat
Listened to reports
About the whisky passin' 'round
Seen the smoke and fire
And the market burnin' down
Watched while everybody
On his street would take a turn
To stomp and smash and bash and crash
And slash and bust and burn

And I'm watchin' and I'm waitin'
Hopin' for the best
Even think I'll go to prayin'
Every time I hear 'em sayin'
That there's no way to delay
That trouble comin' every day
No way to delay
That trouble comin' every day

Well, you can cool it,
You can heat it . . .
'Cause, baby, I don't need it . . .
Take your TV tube and eat it
'N all that phony stuff on sports
'N all the unconfirmed reports
You know I watched that rotten box
Until my head begin to hurt
From checkin' out the way
The newsman say they get the dirt
Before the guys on channel so-and-so

And further they assert
That any show they'll interrupt
To bring you news if it comes up
They say that if the place blows up
They will be the first to tell,
Because the boys they got downtown
Are workin' hard and doin' swell,
And if anybody gets the news
Before it hits the street,
They say that no one blabs it faster
Their coverage can't be beat

And if another woman driver
Gets machine-gunned from her seat
They'll send some joker with a brownie
And you'll see it all complete

So I'm watchin' and I'm waitin'
Hopin' for the best
Even think I'll go to prayin'
Every time I hear 'em sayin'
That there's no way to delay
That trouble comin' every day
No way to delay
That trouble comin' every day

Hey, you know something people?
I'm not black
But there's a whole lots a times
I wish I could say I'm not white

Well, I seen the fires burnin'
And the local people turnin'
On the merchants and the shops
Who used to sell their brooms and mops
And every other household item
Watched the mob just turn and bite 'em
And they say it served 'em right
Because a few of them are white,
And it's the same across the nation
Black and white discrimination
Yellin' "You can't understand me!"
'N all that other jazz they hand me
In the papers and TV and
All that mass stupidity
That seems to grow more every day
Each time you hear some nitwit say
He wants to go and do you in
Because the color of your skin
Just don't appeal to him
(No matter if it's black or white)
Because he's out for blood tonight

You know we got to sit around at home
And watch this thing begin
But I bet there won't be many live
To see it really end
'Cause the fire in the street
Ain't like the fire in the heart
And in the eyes of all these people
Don't you know that this could start
On any street in any town
In any state if any clown
Decides that now's the time to fight
For some ideal he thinks is right
And if a million more agree
There ain't no Great Society
As it applies to you and me
Our country isn't free
And the law refuses to see
If all that you can ever be
Is just a lousy janitor
Unless your uncle owns a store
You know that five in every four
Just won't amount to nothin' more
Gonna watch the rats go across the floor
And make up songs about being poor

Blow your harmonica, son!

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RootArt 01/06/2020 14:51

toujours d actualité...Viva Zappa