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Articles avec traductions de chansons rock avec histoire, analyse, vidéos, reprises. All songs + articles in English + Fr.

ROCKTRANSLATION.FR

David Bowie - Nouvelle - Nathan Adler



Cette nouvelle de David Bowie a été publiée dans son album 1. Outside". Son seul texte hors chansons. Mélange de cut-up technique, c'est le journal d'un détective, sans recherche de résolution des crimes, la seule question étant le crime est-il artistique.
 
Il utilise en quelques endroits la technique d'écriture inspirée de William Burroughs, la cut-up technique. Il écrit le texte, le découpe, le mélange, le réarrange et un "nouveau" texte existe. Celui que nous connaissons, celui ici traduit.

 

Ceci est ma traduction en français de cet album Outside, et de cette nouvelle ici. Le site www.davidbowie.com est informé de cette traduction, de ces travaux.




"Si la chanson n'avait pas marché, je serais devenu écrivain" David Bowie


En voici la seule oeuvre :

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LE JOURNAL de NATHAN ADLER
                                                                 ou 
Le rituel artistique du meurtre de Baby Grace Blue

 

 


Un Cycle du Hype dramatico-gothique non linéaire

________________________________________________


Il était précisément 5h47 le matin du Vendredi 31 Décembre 1999 quand un pluraliste à l’âme noire commença la dissection de "Baby Grace Blue", jeune fille de 14 ans. Les bras de la victime étaient épinglés par seize aiguilles hypodermiques, y injectant quatre fluides majeurs : un transmetteur d’information, des conservateurs, des colorants et une sorte de substance verte. Par la dix-septième et dernière, tout le sang et tout les liquides ressortaient. La zone du ventre était grand ouverte, les intestins avaient été enlevés, dénoués et re-tricotés en un filet suspendu entre les piliers de la pièce ou avait eu lieu le meurtre, le moite portail d’entrée du Musée d’Oxford Town dans le New Jersey. Les membres de Baby avaient ensuite été sectionnés du tronc. Chaque membre avait un petit implant sophistiqué : un décodeur binaire qui était lui-même connecté à des écouteurs reliés aux bouts de ces membres. Les mini-amplis autonomes étaient ensuite activés, amplifiant les substances mémorielles d’info-transport décodées, se révélant être d’abscons haïkus, de courts vers détaillant les mémoires d’autres actes brutaux, amplement documentés par les ROMbloids. Les membres et ce qui les composaient étaient suspendus au filet évasé, tels des limaces qui seraient les proies d’une créature inimaginable. Le tronc était figé par son orifice rectal sur un petit support, le tout arrimé à un socle de marbre. L’on voyait la scène plus ou moins bien en fonction de l'endroit où l’on se tenait, derrière ce filet intestinal ou bien devant l’entrée du musée elle-même, étant ainsi révélateur et gardien de l’acte perpétré. Il était avéré que c’était un meurtre – mais était-ce de l’art ?

Tout ceci n’était que les prémisses au plus provoquant de toute la séquence d'événements en série qui avaient commencé aux environs de Novembre de cette même année, me plongeant dans l’abysse chaotique le plus prodigieux qu’un tranquille hacker solitaire comme moi était susceptible de pouvoir comprendre. Mon nom est Nathan Adler, ou Détective Professeur Adler, ainsi que l’on me connait dans le métier. Je fais partie d’une section de la société Art Crime, récemment mise sur pied grâce à un financement du Protectorat des Arts de Londres. Il avait été jugé que les enquêtes sur les crimes artistiques étaient en elles-mêmes inséparables des autres formes d’expression, et par là même dignes d’être subventionnées par cet organisme. Nicola Serota (NdT : infos web sur Nicholas Serota) lui-même estimait que nous étions, nous le menu fretin de la section, dignes de l’exposition à la Biennale de Venise qui avait eu lieu l’année dernière, ou trois salles de preuves et d’études prouvaient fermement que la vache, dans «Le Point De Vue Innocent» de Mark Tansey, ne pouvait différencier entre « Le Jeune Taureau » de Paulus Potter...

 

...en 1647 (trois cent ans exactement avant ma naissance, soit dit en passant) et l’une des peintures des « Meules de Foin » de Monet dans les années 1890.

 

 

 

 

 

 

 

Les médias artistiques traditionnels ont considéré que cette extrapolation était du « n’importe quoi » et s’est abstenue d’aller plus avant pour se concentrer sur l’étude plus formelle des idées que sous-tendait l’œuvre de Damien Hirst « Le mouton en boite ».

L’art est un fumier de basse-cour. C’est mon travail que de fouiller dans ce fumier pour en trouver les grains de poivre.
 



Vendredi, 31 Décembre 1999, 10h15 du matin

Comme pour chaque crime, ma première approche est d'en rechercher le motif. La récente série d’agressions-concept m’avait véritablement convaincu qu’il s’agissait de crimes artistiques. C’était un crime d’une actualité criante. Les précédents étaient tous réunis. Ça prenait probablement source dans les années 70 avec les castrateurs viennois et les rituels sanglants de Nitsch.

(NdT : Rudolf Schwarzkogler : http://www.noirceurceleste.com/Htmls/BodyartS.htm)

(NdT : 
Hermann Nitsch 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Nitsch)

 

Chris Burden

Chris Burden



Le dégoût du public a mis ces épisodes sous l’éteignoir, mais on ne saurait empêcher le bien de ressortir à la lumière. Poussées par les performances de Chris Burden, se faisant tirer dessus, ligoté dans un sac, par un assistant lors d’une exposition, jeté sur une autoroute, et enfin crucifié sur le toit d’une Volkswagen, des histoires ont été propagées, dans le monde interlope et électrique de la nuit new-yorkaise, relatant qu’un jeune artiste coréen était le patient volontaire d’opérations chirurgicales, faites au fin fond de la nuit, dans des lieux plus ou moins secrets de la ville. Si vous trouviez moyen d’être au courant, il vous était possible d’aller y assister et de voir ce type subir l’ablation de diverses parties corporelles sous anesthésiques. Une articulation de doigt une nuit, un membre une autre fois. A l’aube des années 80, la rumeur prétendait qu’il ne lui restait plus que le torse et un membre. Il aurait exigé d’être alors mis à l’abri dans les montagnes Catskill, au nord de New-York, où il aurait été nourri régulièrement par ses acolytes. On n’en n’a plus tellement entendu parler après ça. Je suppose qu’il lisait beaucoup. Peut-être a-t-il écrit tout un projet aussi. Probablement ne peut-on prévoir ce qu’un artiste va faire une fois qu’il a atteint son sommet. A peu près à cette même période, Bowie, le chanteur, avait observé deux hurluberlus qui écumaient les bars de Berlin en arborant tout l’attirail de chirurgiens ; couvre-chefs, tabliers, gants de caoutchouc et masques. Le fin du fin. Est arrivé alors sur la scène artistique Damien Hirst, avec ses trips requin/vache/mouton. Pas d’être humain, mais un rituel tangible pour le public planétaire. Le visage acceptable du gore. Pendant ce temps-là en 1994, j’étais en ville lors des performances de scarification de Athey
 

(NdT : Ron Athey :)

 


     
Jeudi 27 Octobre 1994

122 East Village, Manhattan New-York
 

Ron Athey,  artiste performer pas pour de prudes âmes sensibles – auparavant junkie à l’héroïne et séropositif, enfonce de manière répétitive ce qui semble être une aiguille à tricoter dans le front, formant une couronne de sang – ça doit faire terriblement mal. Un jet rouge en tombe et retombe en goutte à goutte. Pas de cris. Son visage ploie de douleur. Il est porté au second plan et barbouillé de son propre sang. L’eau. S’habille maintenant d’un élégant costume cravate. Puis on le retrouve en jean et T-shirt noir, sculptant avec un scalpel jetable des formes dans le dos de Darryl Carlton, un homme de couleur.

Des serviettes en papier ensanglantées étaient alors suspendues à un fil à linge au-dessus des têtes du public. Des impressions faites avec le sang d’un vivant. Un tirage extrêmement limité, lors de la première performance au mois de Mars. « Quatre Scènes d’une Vie Dure » tiraient profit d’un shrapnel controversé durant la Dotation Nationale pour les Arts. « Nous avons pris toutes les précautions de sécurité avec nos systèmes d’évacuation » disait un porte-parole d’Athey. « Les serviettes contenant le sang sont immédiatement jetées dans des sacs pour déchets dangereux. Chaque soir, ces sacs sont envoyés à un hôpital pour élimination définitive ». Athey dit qu’il devait faire face au dégoût de soi-même, à la souffrance, et à la cicatrisation et la rédemption.


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Jeudi 31 Décembre 1999,  10h30

Musée des Parts Modernes

 

Je profite des exhalaisons d’Oxford Town, le New Jersey crache ses fumées. Salées et acides. Peut-être je peux gérer tout ça de retour au bureau à Soho, New-York. C’était auparavant le bureau de Rothko, et maintenant c'est notre maison à tous chez Art Crime. AC ou les remueurs de merde, ainsi que l’on nous surnommait. Rothko lui-même, une nuit de beuverie dépressive, enleva ses habits et les plia soigneusement, les plaçant sur une chaise, et s’allongea sur le sol en position de croix et après plusieurs tentatives, trouva les veines du poignet et passa l'arme à gauche. Il avait tenu soigneusement la lame du rasoir avec des épaisseurs de tissu en papier afin de ne pas se couper les doigts. Bien réfléchi. Comme toujours.
 



11h du matin 

QG des « remueurs de merde », Soho, New-York

 

Les seuls noms que la base de données peut associer à Baby Grace sont Leon Blank, Ramona A. Stone et Algeria Touchshriek.
Les comptes rendus sont brefs et peu précis :


Ramona A. Stone: Femme. Type caucasien. Environ 45 ans. Dealer de drogue de maintenance active de l’éveil et Futuriste Tyrannique. Casier vierge. Contacts: Leon Blank, Baby Grace Blue, Algeria Touchshriek.

Leon Blank: Homme. De race mélangée. 22 ans.  Outsider, trois condamnations pour un petit vol, appropriation intellectuelle et plagiat sans autorisation. Contacts: Baby Grace Blue, Algeria Touchshriek.

Algeria Touchshriek: Homme. Type caucasien. 78 ans. Propriétaire d’une petite boutique à Rail Yard, Oxford town, N.J. Revendeur de drogues artistiques et d’implants d’ADN. Reclus de toute apparition médiatique. Inoffensif, seul.

Petit touage, sans roue. Il ne se passe pas grand chose mais R.A. Stone pèse sérieusement sur mes souvenirs. Pas de problème, ça reviendra. Le mieux à faire est de mouliner toutes ces infos probantes dans le Mack-Verbasiser, le programme Metarandom retissera alors les faits réels en un fait virtuel et improbable. Ça va peut-être ainsi me donner une piste ou deux.
 


11h15 du matin


Doux Jésus. J’ai horreur de taper à la machine. Quoiqu’il en soit, le Mack-Random nous a trouvés quelques pistes intéressantes. 
Tenez par exemple ! Le premier résultat du logiciel Verbasiser :

 


Pas d’inculpations évoquées d’anges sûrs d’eux a priori Caucasiens et excessivement tyranniques pas d’images décrites de questions de saints chrétiens pas de questions décrites par des femmes de questions chrétiennes tyranniques R.A. Stone machine supposée chrétienne pas d’œuvre n’existe d’affirmés saints caucasiens femme affirmée caucasienne condamnations de martyrs et tyranniques sont évoqués Femme décrivait le métier à tisser Fouettant des saints délurés et des martyrs jetés dans les escaliers.


Maintenant le tourbillon commence. La pile d’images corrobore ce que nous pensions et tient le rôle central. Ramona A. Stone. Je me souviens de ce brouillard dense, de cette pensée liquide visqueuse. Mais patience, j’anticipe là…

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15 Juin 1977

Kreutzberg,  Berlin

 

Deux heures du matin. Je n’arrive pas à trouver le sommeil à cause de ce pauvre immigrant turc qui crie de toutes ses tripes dans la rue. Son hurlement de rapace semble à moitié étouffé comme s’il avait un oreiller couvrant sa bouche. Mais son désespoir traverse le tissu spongieux comme un couteau. Ça tranche au travers du vent et cogne violemment mes tympans. Je marche au-delà du métier à tisser, et tourne à gauche dans une rue sans nom. Le centre caucasien du suicide, nu et sale, dont le contour est découpé par les réverbères aux fungi jaunes, femme fouettant des saints décalés pour un dollar à chaque fois un temps jetée dans les escaliers, si vous n’en pouvez plus. La joie pure de la retraite en la mort, mené par la bergère. Des affiches contre le mélange des races s’étalent sur l’autel des fêtards célébrant des icônes pop-morts. Un zéro sans nom regarde de façon morne Mademoiselle Stone, le drone qui dit « à l’avenir, tout a été livré à soi-même ». Oui je me souviens de Ramona. Elle s’était instituée Prêtresse no-future du Temple Caucasien du Suicide, vomissant son prêche de fête-éternelle-de-la-mort sur les cerveaux vides de la jeunesse berlinoise. Les pièces du dernier étage étaient les passerelles vers l’abandon au spectre saint. Elle avait dû organiser plus de trente à quarante mises à mort avant que la police locale ne finisse par comprendre ce qui se passait.


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                                28 Octobre 1994


New Yorker Magazine, première édition célébrant la mode. Premier article du genre depuis que Tina Brown est rédactrice en chef. Il suffisait juste d’y jeter un œil. Un bref regard et un nouveau livre était écrit sur ce que les Sophistaplites prendraient et cuiraient. Guy Bourdin apparaissait beaucoup dans cette première éDISHion. Depuis l’arrivée du SIDA et de la nouvelle moralité, et, bien sûr, de celle de sa mort, son style fatal sombre et érotique n’était plus en Vogue. Photographe radical, il avait forgé une route tordue entre le désir et la mort. Une jambe de femme dépassait lugubrement d’un bain noir d’émail liquide. Deux bébés collés couverts de minuscules perles. La colle empêcha leur peau de respirer et ils moururent. « Oh ce serait merveilleux de pouvoir les photographier ainsi morts dans leur lit» serait-il censé avoir dit. C’était un français. Ah et aussi il avait connu Man Ray. Il adorait Lewis Carroll.

(NdT : site Guy Bourdin :  www.guybourdin.net/contents.html)

Sa première performance avait été de faire des chapeaux pour Vogue. Il plaçait des mouches ou des abeilles mortes sur le visage des mannequins, ou alors, leurs têtes portaient un chapeau écrasé entre trois têtes de veau, langues pendantes. C’était les années cinquante, c’était comme ça. Des fifties collet monté vues au travers le prisme d’une hostilité sans nom. Il aurait bien voulu en avoir le talent mais il ne savait pas peindre. Alors il jetait des globules de haine vengeresse sur ses sujets en mouvement. Fou à lier. A jamais. Toutes choses et tout être mourraient autour de lui. Il avait été allégué qu’une photo centrée sur une femme allongée sur un lit était une reconstruction de la mort de son ex-femme. Une autre photo, l'on voit une femme qui part en vrille en passant un coup de fil d’une cabine téléphonique. Sa main blanchie s’appuie contre une vitre. Derrière elle, dehors gisent deux corps de femme partiellement recouverts par les feuilles d’automne. Son rêve, ainsi qu’il l'avait confié à ses amis, était de prendre des photos à la morgue, avec les macchabées en guise de mannequins, je suppose. Je viens de lire ce truc. Maintenant son esprit venait d’être ressuscité. Nous sommes mystifiés par le sang. C’est notre ennemi maintenant. Nous ne le comprenons pas. Ne pouvons pas nous en passer. Ne pouvons pas, enfin.. vous voyez ce que je veux dire, hein ? 

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11h30 du matin, Vendredi 31 Décembre 1999


Après la chirurgie, et avoir investi dans un masque à l’épreuve des balles, Ramona s’est installée à London, au Canada, en tant que propriétaire d’une chaîne de joailleries qui vendent des morceaux de corps humains. De colliers de pénis d’agneau, des bourses d’anus de chèvre, des boucles d’oreille en tétons, ce genre de trucs. Ce qui se disait dans la rue, cependant, suggérait qu’il n’était pas dans le meilleur intérêt de chacun de devenir un de ses clients, car parfois, un quidam entrait dans une de ses boutiques et n’en ressortait jamais. La fin de la récré a été sifflée après qu’une célébrité très aimée et respectée, connue pour être connue, a disparu lors d’un vernissage de ses miroirs dans une galerie. D’autres célébrités, également connues pour le seul fait d’être connues (certaines ne l’étant que grâce aux autres) pensaient que c’était l’exposition la plus profonde depuis des années et ne pouvaient quitter des yeux ses œuvres. Toutes s’étaient vendues en moins d’une heure, certaines partant pour des prix record. Quand une journaliste critique du magazine Date a demandé à interviewer l’artiste-célébrité, le propriétaire de la galerie se souvient que l’on n’en a plus entendu parler depuis ce jour-là. Elle avait mentionné son intention d’aller acheter un cordon ombilical incrusté de diamants en guise de célébration pour annoncer sa grossesse. Elle devait revenir une heure après. Juste une course rapide au « Gallstone ». 1986. Cette grossesse aurait donné naissance à un enfant qui aurait maintenant 14 ans.
 


Si cet être était toujours vivant…     

A suivre...?



* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * 


Traduction de Pierre Langlois-Berthelot.

NB :  Il n'y a jamais eu de suite.




 

THE DIARY of NATHAN ADLER

or the art-ritual murder of baby grace blue
A non-linear Gothic Drama Hyper-cycle.


It was precisely 5.47am on the morning of Friday 31 of December 1999 that a dark spirited pluralist began the dissection of 14-year-old "Baby Grace Blue". The arms of the victim were pin-cushioned with 16 hypodermic needles, pumping in four major preservatives, colouring agents, memory information transport fluids and some kind of green stuff. From the last and 17th, all blood and liquid was extracted. The stomach areas was carefully flapped open and the intestines removed, disentangled and re-knitted as it were, into a small net or web and hung between the pillars of the murder-location, the grand damp doorway of Oxford Town Museum of Modern Parts, New Jersey. The Limbs of Baby were then served from the torso. Each limb was implanted with a small, highly sophisticated, binary code translator which in turn was connected to small speakers attached to far ends of each limb. The self-contained mini amplifiers were then activated, amplifying the decoded memory info-transport substances, revealing themselves as little clue haiku's, small verses detailing memories of other brutal acts, well documented by the ROMbloids. The limbs and their components were then hung upon the splayed web, slug-like prey of some unimaginable creature. The torso, by means of its bottom-most orifice, had been placed on a small support fastened to a marble base. It was shown to warring degrees of success depending upon where one stood from behind the web but in front of the Museum door itself, acting as both signifier and guardian to the act. It was definitely murder - but was it art?

 All this was to be the lead-up to the most provocative event in the whole sequence of serial-events that had started around November of that same year, plunging me into the most portentous chaos-abyss that a quiet lone hacker like myself could comprehend. My name is Nathan Adler, or 
Detective Professor Adler in my circuit. I'm attached to the division of Art-Crime Inc., the recently instigated corporation funded by an endowment from the Arts Protectorate of London, it being felt that the investigation of art-crimes was in itself inseparable from other forms of expression and therefore worthy of support from this significant body. Nicolas Serota himself had deemed us, the small-fry of the division, worthy of an exhibit at last year's Biennale in Venice, three rooms of evidence and comparative study work which conclusively proved that the cow in Mark Tansey's "The Innocent Bye Test" could not differentiate between Paulus Potter's "The Young Bull" of 1647 (exactly 300 years before I was born, incidentally) and one of Monet's  grain stack paintings of the 1890's. The traditional art press deemed this extrapolation "bullshit" and removed itself to study the more formal ideas contained in Damien Hirst's "Sheep In A Box". Art's a farmyard. It's my job to pick thru' the manure heap looking for peppercorns. 


friday, december 31, 1999, 10.15 am

As in any crime, my first position is to pursue the motive-gag. The recent spate, thru' '98-'99, of concept-muggings pretty much had me pulling breath for an art-murder. It was a crime whose time was now. The precedents were all there. It had probably its beginnings in the '70s with the Viennese castrationists and the blood-rituals of Nitsch. Public revulsion put the lid on that episode, but you can't keep a good down. Spurred on by Chris Burden's having himself shot by his collaborator in a gallery, tied up in a bag, thrown on a highway and then crucified upon the top of a Volkswagen, stories circulated thru' the nasty-neon of N.Y. night that a young Korean artist was the self-declared patient of wee-hours surgery in cut and run operations at not-so-secret locations in the city. If you found out about it, you could go and watch this guy having bits and pieces removed under anaesthetic. A finger-joint one night, a limb another. By the dawning of the '80s, rumour had it that he was down to a torso and one arm. He'd asked to be left in a cave in the Catskills, fed every so often by his acolytes. He didn't do much after that. I guess he read a lot. Maybe wrote a whole bunch. I suppose you can never tell what an artist will do once he's peaked. Round this same time, Bowie the singer remarked on a copula goons who frequented the Berlin bars wearing full surgery regalia; caps, aprons, rubber gloves and masks. The cutting edge. Then came Damien Hirst with the Shark-Cow-Sheep thing. No humans, palatable ritual for the world-wide public. The acceptable face of gore. Meanwhile in the US, 1994, I was in town on the night of the Athey sacrifactions. 


thursday,  october 27,  1994
122 east village, manhattan

Ron Athey,  performance artist not for the squeamish - former heroin addict-HIV positive, pushes what looks like a knitting needle repeatedly into his forehead,  a crown of blood, must hurt like hell. Stream red dribble-dribble. No screams. Face moves in pain. Carried upstage and scrubbed down in his own blood. The water. Now dresses in nice suit and tie. Now in black T-shirt and jean, carving, with a disposable scalpel, patterns, into the back of Darryl Carlton, a black man.
Bloody blotted paper towels then hung on a washing line suspended over the heads of the audience Blood-prints from life. An extremely limited edition. When it was first performed back in March. "Four Scenes In A Harsh Life" exploited controversy shrapnel throughout the National Endowment For the Arts. "We have taken every precaution with our disposal systems," an Athey spokesperson said. "The towels containing the blood are immediately deposited in hazardous-waste bags. Each evening, the material will be driven to a hospital for final disposal". Athey says he is dealing with issues of self-loathing, suffering, healing and redemption. 


friday, december 31,  1999,  10.30 am
museum of modern parts

I'm drinking up the Oxford Town, New Jersey fume. Salty and acid. Maybe I can get a handle on this thing back in Soho at the bureau. It used to be Rothko's studio, now the playground for all us Art-Crime folk, AC' or "the daubers" as we're dubbed. Rothko himself, in a dark-deep-drunk one night, carefully removed his clothes, folded them up neatly, placing them upon a chair, lay upon the floor in a crucified position and after several attempts, found the soft blue pump of wrists and checked out. He'd held the razor blades between wads of tissue paper so that he wouldn't cut his fingers. Deep thinker. Always was. 


11.00 am "dauber"  hq,  soho

The only names the Data bank can associate with Baby Grace are Leon Blank, Ramona A. Stone and Algeria Touchshriek.
The rundowns are brief but not to the point:


Ramona A. Stone: Female. Caucasian. Mid-40s.
Assertive maintenance interest-drug dealer and Tyrannical Futurist.
No convictions.
Contacts: Leon Blank, Baby Grace Blue, Algeria Touchshriek.

Leon Blank: Male. Mixed race. 22 years.
Outsider Three convictions for petty theft,
appropriation and plagiaries without license.
Contacts: Baby Grace Blue, Algeria Touchshriek.

Algeria Touchshriek: Male. Caucasian. 78 years.
Owner of small establishment on Rail Yard, Oxford town, N.J.
Deals in art-drugs and DNA prints. Fence for all apparitions of any medium.
Harmless, lonely.

Small cog, no wheels. Not much to go on but R.A.Stone weighs heavy on my memory. No problem, it'll come back. Best thing to do now is feed all relevant pieces into the Mack-Verbasiser, the Metarandom programme the re-strings real life facts as improbable virtual-fact. I may get a lead or two from that. 


11.15 am

Jesus Who. I hate typing. Anyhow, we've got some real interesting solvents from Mack-random.
How about this! Verbasiser download, first block:

No convictions of assertive saints believed Caucasian way-out tyrannical evoked no images described Christian saints questions no female described christian tyrannical questions R.A.Stone christian machine believed no work is caucasian assertive saints assertive believed female  convictions martyrs and tyrannical are evoked Female described the fabric machine Slashing way out saints and martyrs and thrown downstairs

Now the swirl begins. Now the image stack backs up and takes centre stage.
Ramona A. Stone. I remember this thickness, this treacly liquid thought.
But wait, I'm ahead of myself. 


june

15, 1977
kreutzburg,  berlin

It's two in the morning. I can't sleep for the screaming of some poor ostracized Turkish immigrant screaming his guts out from over the street. His hawking shriek sounds semi-stifled like he's got a pillow over his mouth. But the desperation comes through the spongy rubber like a knife. It cuts the breeze and bangs my eardrums. I take a walk past the fabric machine, turn left onto a street with no name, The caucasian suicide centre, naked and grimy, silhouetted by fungus yellow street lamps female slashing way-out saints for a dollar a time thrown downstairs if you can't take any more. Pure joy of retreat into death, led by the shepherdess. Anti mixed-race posters pasted upon their alter of pop-death icons party people. A zero with no name looks dull-eyed to Ms. Stone, the drone that says "in the future, everything was up to itself". Yes. I remember Ramona. She set herself up as the no-future priestess of the Caucasian Suicide Temple, vomiting out her doctrine of death-as-eternal- party into the empty vessels of Berlin youth. The top floor rooms were the gateways to giving up to the holy ghost. She must have overseen more than 30 or 40 check-outs before the local squad twigged what was going down. 


october

28, 1994

New Yorker Magazine, advanced copy, celebrating fashion. It's a first of its kind since Tina Brown took over as editor. One look is all it took. It took the look and wrote a new book on what sophistaplites would take and bake. Guy Bourdin featured heavily in this new eDISHion. Since the advent of AIDS and the new morality, and, of course, his death, his dark sexy fatal style had fallen out of Vogue. An uncompromising photographer, he had found a twisty avenue through desire and death. A white female leg sticking gloomily out of a bath of black liquid enamel. Two glued up babes covered in tiny pearls. The glue prevented their skins from breathing and they pass out. "Oh it would be beautiful." he is to have said. "to photograph them dead in bed." He was a French Guy. Ha had known Man Ray. Loved Lewis Carroll.

His first gig was doing hats for Vogue. He'd place dead flies or bees on the faces of the models, or, female head wears hat crushed between three skinned calves heads, tongues lolling. Well, it was the '50s, that was it was. The tight-collor '50s seen through unspeakable hostility. He wanted but he couldn't paint. So he threw globs of revengeful hatred at his mobile subjects. He would systematically pull the phone cord out of the wall. He was never to be disturbed. Disturbed. Never. Everything and everyone died around him. One shoot focusing upon a women lying in bed was said to be a reconstruction of his estranged wife's death. Another picture has a women in a phone booth making some frantic call. Her hand is pressed whitely against the glass. Behind her and outside are two female bodies partially covered by the autumn leaves. His dream, so he told his friends, was to do shoots in the morgue, with the stiffs as mannequins, I don't know. I just read this stuff. Now his spirit was being resurrected. We're mystified by blood. It's our enemy now. We don't understand it.
Can't live with it. Can't , well... y'know? 


friday, december 31, 1999, 11.30 am

After Surgery and investment in a bullet-proof mask, Ramona turned up in London, Canada as owner of a string of body-parts jewellery stores. Lamb penis necklaces, goat-scrotum purses, nipple earrings, that sort of thing. The word on the street, however, suggested that it was not in the best of interests to become one of her clients as occasionally, a customer would step into her shop and not come out again. The whistle blew after a much-loved and highly respected celebrity, known for being known, failed to show for a gallery-hanging of her mirrors. Other celebrities, equally known for being known, some only to each other, thought it was the most profound exhibit in years and couldn't take their eyes off the works. All the pieces sold within an hour, many for record prices. When the critic for Date magazine asked for an interview with the celebrity-artist, the gallery owner recalled that he hadn't seen her since earlier that day. She'd mentioned that she would be going shopping for a diamond-encrusted umbilical cord as a celebratory thing to announce her pregnancy. She would be back in an hour. Just a quick stop at the "Gallstone". 1986. That pregnancy would have produced a being that would be around 14 years of age.

If it was still alive.

To be continued...?

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Pierre Langlois-Berthelot 31/08/2017 12:23

David Bowie, quelques temps après sa sortie :
"Peut-être la seule passerelle entre certains passages de Outside et le prochain millénaire est ce nouveau culte païen, toute cette recherche actuelle d'une nouvelle vie spirituelle. C'est dû à cette façon dont on a détruit l'idée de Dieu avec ce triumvirat à l'aube du XXème siècle, Nietzsche, Einstein, et Freud. Ils ont vraiment détruit tout ce à quoi nous croyions. "Dieu est mort, le temps est courbe, notre moi intérieur est composé de plusieurs personnalités". Eh bin, ça nous laisse putain d'où, tout ça ? [...] Je me demande si on a bien pris conscience que la seule chose que nous pouvons créer en tant que déité est la bombe à hydrogène, et que les conséquences de cette prise de conscience, du fait que ce que nous n'arrivons à créer comme déités ne semblent être que des désastres, résulte en ce que les gens cherchent une cohésion et une universalité spirituelles, grâce à vrai encouragement vers une réflexion intérieure. Mais il existe aussi ce positivisme que l'on peut trouver maintenant et qui, de fait, n'existait pas à la fin du XIXème siècle. A l'époque, la phrase clé dans la communauté artistique et littéraire était : nous sommes à la fin du monde. Ils avaient véritablement l'impression en 1899 qu'il n'y aurait rien d'autre, que seule une complète apocalypse pourrait s'ensuivre. Ce n'est pas le cas maintenant. On peut certes être un peu méfiant ou nerveux quant à ce qui nous attend, mais il n'y a pas ce sentiment que tout va s'arrêter en l'an 2000. Règne plutôt presque ce climat de réjouissance : "Bon, au moins on va se mettre au travail et vraiment y arriver ensemble".